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vendredi 15 novembre 2019

Coton ouaté et voile islamique : deux combats, deux réalités

Crédit photo : Raphaël Fiévez
Il y a quelques jours la députée de Québec Solidaire, Catherine Dorion, a dû quitter le salon de l’Assemblée Nationale car elle portait, tenez-vous bien de l’horrible chose, un coton ouaté.

  Auteur et libre penseur
  Publié le 15 novembre 2019 à 21h50



Oui, cela n’est pas une blague. Une élue a été priée de quitter l’Assemblée Nationale en raison d’un vêtement porté par la majorité des Québécois et Québécoises. Ne nous plaignons nous pas souvent que nos élus ne nous ressemblent pas ?

Oui, alors pourquoi se plaindre d’une élue se présentant pour effectuer son mandat avec un vêtement aucunement outrancier ou vulgaire ?

Nous pouvons être contre les idées, les agissements de Catherine Dorion mais il est aberrant d’interdire un élu de faire son travail, de remplir son devoir en raison d’un vêtement.

Faisant suite à cet évènement, un mouvement intitulé « Mon coton ouaté, mon choix » a pris naissance. Ce mouvement a proposé aux gens de porter, durant une journée, un coton ouaté en support à la députée solidaire.

Dans la continuité, Gabrielle Bouchard, présidente de la Fédération des Femmes du Québec (FFQ) suggère aux gens d’aller plus loin en arborant un coton ouaté mais aussi, un voile.

Un mouvement initié par trois personnes dont Amel Zaza, Hanadi Saad et Tasnim Rekik. Ce dernier mouvement est en réponse à la loi 21 du gouvernement sur la laïcité au Québec. Peut-on cependant dire qu’il s’agit du même combat et d’une même réalité ?

D’une part, l’affaire du coton ouaté montre une certaine propension du gouvernement et de l’élite politique a préservée des règles conservatrices en matière d’habillement.

Parler des habits des députés, des ministres ne sert à rien. Il faudrait se centrer sur les idées, les discussions de fond à propos de l’immigration, des précarités diverses et des mesures à mettre en place pour soutenir la population.

Faut-il absolument porter un costume avec cravate ou encore un tailleur pour être considéré comme crédible ? Je ne pense pas. L’habit ne fait pas le moine.

En ce sens, je n’ai pas trouvé l’habillement de Mme Dorion déplacé. Elle aurait dû rester dans l’Assemblée et devrait pouvoir y entrer tant et aussi longtemps qu’elle porte un habit décent (si elle arrivait en pyjama, nous pourrions en discuter).

En lien avec le voile, le combat n’est pas le même. Nous pouvons être en désaccord profond avec la loi 21 sur la laïcité mais il ne faut pas également banaliser le port du voile.

Ce dernier n’est pas uniquement synonyme de choix, tout comme il n’est pas synonyme uniquement de pouvoir des hommes sur les femmes. Le voile ou le port d’un signe religieux n’est pas un sujet banal et simple.

Le voile revêt plusieurs significations en fonction des époques, des lieux géographiques et de la manière de vivre sa foi religieuse.

Ainsi, dans certains pays du continent africain ou du Moyen-Orient, le voile est une obligation religieuse et politique. Il signifie la soumission de la femme à Allah mais surtout aux hommes de la famille.

La femme ne peut sortir du domicile sans porter celui-ci, faute de quoi, elle se verra lapidée en public. À contrario, dans d’autres pays, le voile est un signe permettant aux femmes de se sentir plus proches d’Allah. Pour d’autres, il s’agit d’un outil politique primé par les islamistes radicaux dans le but d’un prosélytisme religieux.

En conclusion, il est boiteux, dangereux et naïf de mettre le port d’un vêtement comme le coton ouaté sur le même niveau que le port du voile.

Ceux ne voyant pas le voile comme un outil politique et/ou de répression des femmes sont aveugles ; ceux ne voyant le voile que comme un outil d’émancipation et d’affirmation des femmes dans leurs libertés corporelles sont aussi aveugles.

Une vraie naïveté maladive et insensée. Il ne faut pas mélanger les deux sujets, il ne faut pas dire de la loi ce qu’elle est ou non ; observons la réalité, écoutons-nous les uns et les autres et essayons de discuter en vue de faire société et ce, en dépit de nos différences.

Le voile et le coton ouaté sont deux combats et deux réalités différentes. Soyons alors prudents de ne pas tomber dans des sophismes ridicules.

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