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samedi 28 septembre 2019

Devons-nous brimer les droits des policiers ?

Centre-Ville de Montréal, 1972
Crédit photo : Claude Aubin
Cette semaine, la directrice du bureau du B.E.I. demande des changements notables lors des entrevues avec les policiers que ses enquêteurs rencontrent. Maître Giauque demande rien de moins que de forcer les policiers à répondre aux enquêteurs qui se penchent sur leurs interventions. Le droit au silence ne peut s'appliquer selon elle dans le cas des enquêtes du B.E.I.

    Par Claude Aubin
    Policier à la retraite, chroniqueur et auteur
    
    Publié le 28 septembre 2019 à X


Pour bien comprendre l'étendue de cette demande, il faut faire abstraction des droits de la personne et du code criminel. Tout citoyen accusé ou soupçonné, à le droit de garder le silence lors d'un interrogatoire.  Ceci dit, les entrevues du B.E.I. sont l'équivalent d'interrogatoires, car ils peuvent servir à procéder à des accusations criminelles.

Madeleine Giauque, procureure en chef
Crédit photo : magazine Châtelaine
Donc l'obligation de répondre devient l'équivalent de se passer une corde autour du cou. Alors, il faudra à toutes les fois avoir le droit à l'avocat, car une entrevue peut facilement devenir une inquisition. 

Vous me direz qu'un policier en faute se doit d'être puni et vous avez absolument raison. Il en est de même pour tout citoyen. Mais le législateur a prévu des mécanismes pour empêcher les abus. La loi de la preuve est formelle, l'enquêteur doit suivre les règles établies selon tous les critères énoncés, sinon il y aura acquittement.

Nul ne peut être forcé à avouer un crime. Les avocats de la défense répètent avec force : Ne dis rien, garde le ''droit" au silence. Alors c'est à l'enquêteur de trouver la preuve et si jamais il n'en a pas, meilleure chance la prochaine fois. En tant qu'enquêteur, j'y ai été confronté à plus de trois mille fois. Tu accuses avec de la preuve hors de tout doute, sinon... Travailles plus fort. 

C'est la dure loi de la preuve. Alors si nous décidons que les policiers doivent obligatoirement parler, ils auraient moins de droits que le reste de la population et nos criminels. 

Je ne connais pas les hommes du B.E.I. , mais s'ils ressemblent à ceux de la discipline, tous les coups tordus sont permis. Menaces, promesses, fausses déclarations... Des phrases comme : Tu parles et on passe l'éponge... C'est pas toi qu'on veut ! Ton partenaire nous a tout avoué. Au pire, tu auras cinq jours de suspension. Et quand ça ne fonctionne pas, ils tentent de trouver un tout petit truc disciplinaire et comme ça le travail est fait. Pour eux ce qui compte, ce sont les résultats et les statistiques. 

Des enquêtes sur la police oui, mais comme pour tous les citoyens, les droits fondamentaux doivent être respectés. 

1 commentaire :

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