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Deux infirmières suspendues pour avoir refusé du temps supplémentaire obligatoire


Après le cri du cœur d’Émilie Ricard sur les réseaux sociaux la semaine dernière, voilà qu’une autre infirmière exprime son découragement après avoir été suspendue parce qu’elle a refusé de faire du temps supplémentaire obligatoire.



Le 26 janvier dernier, trois infirmières devant intégrer l’équipe de jour à l’hôpital Hôtel-Dieu de Sorel se sont absentées du travail. Dans ces circonstances, le gestionnaire en place a demandé à deux infirmières auxiliaires du quart de soir de demeurer en poste jusqu’à ce qu’une solution soit trouvée.

Or, épuisées après un quart de nuit travaillé avec un effectif réduit, elles ont refusé ce « TSO » (temps supplémentaire obligatoire) et sont rentrées chez elles, ce qui contrevient à leur code de déontologie professionnel.

Émilie Ricard | Publiée le 29 janvier 2018 - 08:18


Le directeur adjoint de l’établissement, Doris Turcotte, a confirmé que l’une d’entre elles (Johanne Leclerc) a été suspendue une journée sans solde mardi et que l’autre serait rencontrée prochainement. Une sanction semblable pourrait être décernée.

« C’est quand même un événement grave », a-t-il précisé, indiquant que les sanctions sont décidées en fonction du nombre d’insubordinations au dossier de l’employé en question.

Johanne Leclerc | Publiée il y a 10 heures
Johanne Leclerc est l'une d'elles. Elle travaille au département de chirurgie de l'Hôtel-Dieu de Sorel. Le 26 janvier dernier, elle avait refusé d'effectuer du temps supplémentaire obligatoire (TSO), jugeant qu'elle n'était pas apte moralement et physiquement.

Ce matin, son chef de service la suspend pour une journée sans solde, puisque c'est son premier refus. Si elle refuse d'autres TSO, cela pourrait aller jusqu'au congédiement.

Quoi qu'il en soit, Mme Leclerc a résumé sur Facebook son ras-le-bol du système de santé actuel et tient à rappeler à « mes employeurs, les ministres et compagnie » « NOUS NE SOMMES PAS DES MACHINES NI DES NUMÉROS, NOUS SOMMES DES ÊTRES HUMAINS, TRAVAILLEURS ET QUI VEULENT LE MIEUX POUR NOS PATIENTS... »

L’hôpital estime avoir agi correctement

Dans son message partagé massivement sur les réseaux sociaux, l’infirmière sanctionnée accuse l’hôpital de mal gérer ses effectifs et de ne pas être à l’écoute de ses employés.

Du côté de l’administration, on se défend d’avoir mal géré la situation, indiquant que la direction a été contrainte de trouver des remplacements après trois absences sur le quart du matin, dont deux de dernière minute.

M. Turcotte a souligné que la responsabilité de l’établissement dans pareilles situations est de s’engager à trouver des remplacements le plus rapidement possible. « C’est ce que le gestionnaire a tenté de faire, a-t-il affirmé. À son retour, les deux personnes avaient quitté l'hôpital sans avoir eu son accord. »

« C’est le fait d’avoir quitté la clientèle sans plan de remplacement qui est préjudiciable, a-t-il poursuivi. C’est sur cet événement-là qu’une sanction disciplinaire a été appliquée. Elles n’ont pas le droit de partir sans avoir une équipe de remplacement. »

Questionné au sujet de ces suspensions, le ministre de la Santé Gaétan Barrette a déclaré que « des téléphones allaient se faire ».

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